Sous un soleil écrasant, au quartier Kongola, sept forages industriels sortent progressivement de terre. Casques jaunes et blancs vissés sur les têtes, les ouvriers de la Cameroon Water Utilities Corporation s’activent sans relâche. Pour Dr Blaise Moussa, présent sur le terrain ce 28 avril 2026, dans le cadre d’une visite d’inspection et d’évaluation des chantiers, le message est clair : « Le gouvernement tient ses promesses. »
Ce projet s’inscrit dans une vaste ambition portée au sommet de l’État par Paul Biya : réduire durablement le déficit en eau potable dans neuf grandes villes du pays. À Maroua, où la croissance démographique exerce une pression constante sur les infrastructures, l’enjeu est vital.
À quelques kilomètres de là, la colline de Missingilewom domine la ville. C’est ici qu’un gigantesque réservoir de 5 000 m³ est en train de voir le jour. À plus de 80 % d’avancement, l’ouvrage impressionne par ses dimensions.
Du sommet, la vue embrasse toute la ville. En contrebas, des quartiers entiers attendent encore un accès régulier à l’eau potable. « Quand ce réservoir sera opérationnel, la distribution sera plus stable », explique un technicien du chantier. Pour les habitants, c’est la promesse de robinets qui ne resteront plus désespérément secs.
Le cœur du projet se joue aussi sous terre. Des kilomètres de tuyaux — DN600, DN500, DN400, DN300 — serpentent déjà à travers la ville. Sur les 78 km prévus, 62 sont déjà posés.

Dans certains quartiers, les habitants observent ces travaux avec un mélange de curiosité et d’impatience. Aïssatou, mère de cinq enfants, raconte : « On se lève parfois à 4 heures pour chercher de l’eau. Si ça arrive jusque chez nous, ce sera une nouvelle vie. »
L’entreprise CGCOC, en charge des travaux, s’est engagée à accélérer le rythme pour une livraison avant fin juillet. Sur le terrain, les équipes travaillent en continu. Chaque jour gagné est crucial dans une région où la saison sèche met à rude épreuve les réserves hydriques.
Pour sécuriser l’approvisionnement, trois groupes électrogènes de forte capacité ont été acquis. Une réponse directe aux délestages fréquents qui perturbent le fonctionnement des installations.
Au-delà des infrastructures, un autre défi se pose : celui du raccordement des ménages. La CAMWATER a lancé une vaste campagne de 200 000 branchements à travers le pays.
Compteurs, kits et tuyaux sont désormais disponibles localement. L’objectif est clair : permettre au plus grand nombre de se connecter au réseau, sans barrières financières insurmontables.
Trois nouvelles agences ouvriront bientôt à Maroua, pour rapprocher les services des populations. Une évolution attendue dans une ville où les démarches administratives restent souvent longues et complexes.
Au fil de cette visite d’inspection, les autorités locales, le gouverneur de la région du Nord et les élus municipaux affichent un optimisme prudent. Tous savent que la réussite du projet se mesurera à une seule chose : l’eau qui coulera effectivement dans les foyers.
Car à Maroua, l’eau n’est pas seulement une ressource. Elle est un facteur de santé, d’éducation, de dignité. Elle conditionne le quotidien de milliers de familles.
Si les indicateurs techniques sont encourageants, les habitants restent attentifs. Les promesses passées ont parfois laissé place à des désillusions. Mais cette fois, les infrastructures sont visibles, tangibles.
Sur le chantier de Kongola, un ouvrier résume l’état d’esprit général : « Cette fois, on voit que c’est réel. »
Dans une région où chaque goutte compte, Maroua pourrait bien être à l’aube d’un tournant historique. L’eau, longtemps rare, s’apprête peut-être à devenir enfin accessible.
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