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Décentralisation et développement local: La CAMWATER renforce son partenariat énergétique avec les CTD

La méga-station de production d’eau potable issue du projet PAEPYS accueille, du 7 au 10 août 2026, la 15ᵉ Journée africaine de la décentralisation et du développement local. Un choix loin d’être anodin, qui place au cœur des débats la nécessité de rapprocher les services essentiels des populations tout en réduisant la dépendance énergétique des infrastructures hydrauliques.

Le cadre n’est pas choisi au hasard. Fleuron infrastructurel du projet PAEPYS, la méga-station de Batchenga constitue une illustration concrète des enjeux auxquels sont confrontées les collectivités territoriales : garantir durablement l’accès à l’eau potable, moderniser les services publics locaux et maîtriser les coûts d’exploitation des infrastructures.

C’est dans ce décor hautement symbolique que se tient cette 15ᵉ édition de la Journée africaine de la décentralisation et du développement local. Les travaux sont coprésidés par Georges Elanga Obam, ministre de la Décentralisation et du Développement local, et Gaston Eloundou Essomba, ministre de l’Eau et de l’Énergie, en présence du Dr Blaise Moussa, Directeur Général de la CAMWATER.

Dans son allocution inaugurale, le patron de la CAMWATER a souligné la portée du choix de Batchenga : « Le choix de ce site pour abriter cette cérémonie majeure témoigne de la place centrale et stratégique qu’occupe l’eau dans le processus de la décentralisation et du développement de nos territoires. »

L’une des principales articulations de cette rencontre réside dans la recherche de solutions innovantes pour assurer la pérennité des ouvrages hydrauliques. La signature de conventions avec la GIZ et plusieurs municipalités marque, à cet égard, un tournant.

Maroua, Bamenda, Abong-Mbang et Dizangue sont les premières communes concernées par cette dynamique. Les accords conclus visent notamment la solarisation de leurs stations d’adduction d’eau potable (SAEP), avec pour ambition de réduire la dépendance des installations aux sources d’énergie conventionnelles.

Pour le Dr Blaise Moussa, cette démarche traduit « notre volonté commune de réduire la dépendance énergétique de nos ouvrages de production ». Une orientation qui répond à un double impératif : alléger les charges d’exploitation des infrastructures et renforcer leur résilience énergétique.

La démarche ne devrait toutefois pas s’arrêter aux quatre communes bénéficiaires des premières conventions. La CAMWATER entend désormais élargir cette dynamique à l’ensemble des collectivités territoriales décentralisées.

Le Directeur Général a ainsi invité les Présidents des Conseils régionaux et les maires présents à suivre le mouvement, en se rapprochant de l’entreprise pour conclure des conventions adaptées aux besoins spécifiques de leurs territoires.

Cette approche traduit une volonté de faire de la décentralisation un processus davantage axé sur des réalisations concrètes. Car au-delà des transferts de compétences, l’enjeu consiste à donner aux collectivités les moyens d’assurer durablement les services essentiels aux populations.

La présence du Préfet de la Lékié, du maire de Batchenga, ainsi que des responsables du FEICOM, du BUPRE et de la NASLA, aux côtés de partenaires techniques et multilatéraux comme la GIZ, confère à la rencontre une dimension institutionnelle et opérationnelle.

Jusqu’au 10 août, les travaux doivent permettre de poursuivre les réflexions autour des mécanismes susceptibles d’accélérer le développement local. À Batchenga, l’eau potable devient ainsi le point de convergence entre décentralisation, aménagement du territoire et transition énergétique.

À travers la solarisation progressive des infrastructures hydrauliques, le Cameroun esquisse surtout un nouveau modèle de service public local : plus autonome sur le plan énergétique, plus résilient et davantage tourné vers les besoins des populations. Batchenga apparaît ainsi comme le laboratoire grandeur nature d’une décentralisation qui entend désormais se mesurer à l’aune de ses réalisations concrètes.

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