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Kribi: Le mystère du « mandat de recherche » sur fond de litige foncier

L’affaire fait grand bruit dans la cité balnéaire de Kribi. Depuis quelques jours, un document à l’apparence officielle, présenté sur les réseaux sociaux comme un « mandat de recherche national » visant Sa Majesté Justin Baliaba, chef de la communauté mbamoise de Kribi . Le jeune opérateur économique dénonce des manœuvres qu’il considère comme une tentative d’escroquerie assortie d’accusations qu’il juge calomnieuses et diffamatoires.

Pourtant, les éléments recueillis dans le cadre de nos investigations dessinent une réalité sensiblement différente de celle véhiculée sur les réseaux sociaux. L’intéressé serait non pas la personne recherchée dans cette procédure, mais plutôt le plaignant dans un dossier judiciaire actuellement pendant devant les juridictions de Kribi.

Selon les documents consultés, Sa Majesté Justin Baliaba aurait saisi, le 27 août 2026, le Tribunal de première instance de Kribi, d’une plainte dirigée contre un certain Paul Mbafor. Dans cette plainte, l’opérateur économique dénonce notamment des faits qu’il qualifie de tentative d’escroquerie et de dénonciation calomnieuse, dans le cadre d’un différend portant sur quelque 1 200 hectares de terrains. Le litige serait lié à des terres rétrocédées par l’État au bénéfice de plusieurs collectivités de l’Océan, notamment Eboundja I, Eboundja II, Nlende-Dibé et Grand Batanga, dans le prolongement des opérations foncières consécutives au projet du Port en eau profonde de Kribi. Le dossier ferait notamment référence au titre foncier n°18 844/Océan.

D’après la version développée dans la plainte, Justin Baliaba affirme avoir apporté un soutien financier important aux démarches ayant conduit à l’obtention de certains arrêtés ministériels et titres fonciers relatifs à ces espaces. En contrepartie de ces investissements, des parcelles auraient dû lui être attribuées, ainsi qu’à d’autres personnes présentées comme des financiers secondaires du processus. Deux conventions auraient notamment été prévues pour être signées le 25 août 2026 à Kribi. La présence de Paul Mbafor figurerait, selon les éléments communiqués, sur la feuille d’émargement liée à cette rencontre.

Des images prises le 25 août 2026 montrent Sa Majesté Justin Baliaba aux côtés des responsables traditionnels des quatre collectivités concernées. Ces éléments tendent à confirmer qu’une rencontre s’est effectivement tenue autour de la question foncière.

C’est dans ce contexte que le différend aurait pris une nouvelle tournure, avec la circulation, quelques jours plus tard, d’un document présenté comme un mandat de recherche visant l’opérateur économique. Face à cette situation, Justin Baliaba conteste catégoriquement la présentation qui est faite de son implication dans le dossier. Selon sa position rapportée dans la procédure, la démarche dont il se dit victime viserait à le contraindre à abandonner ou à céder des intérêts fonciers après les investissements qu’il affirme avoir consentis. Il estime ainsi que la diffusion du document controversé pourrait participer à une stratégie destinée à le discréditer et à détourner l’attention de sa propre démarche judiciaire.

Ces accusations demeurent toutefois celles des parties au litige et devront être confrontées aux éléments de preuve ainsi qu’aux conclusions des autorités judiciaires compétentes. Le dossier se trouve désormais entre les mains du procureur Mayo Boumsong, selon les informations recueillies. Au-delà de la polémique née sur les réseaux sociaux, l’enjeu de cette affaire apparaît considérable : il concerne à la fois la régularité des opérations foncières engagées sur ces 1 200 hectares, les investissements revendiqués par les différentes parties et la nature exacte des procédures judiciaires en cours.

Une question demeure donc centrale : le document présenté comme un mandat de recherche correspond-il réellement à une décision judiciaire visant Justin Baliaba, ou constitue-t-il une interprétation erronée ou contestée d’une procédure en cours ?

Seule la vérification auprès des autorités judiciaires et l’examen des pièces authentiques permettront de départager les versions.

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