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Éric Gervais Ndo : la diplomatie économique au service du développement du Sud

La nouvelle équipe dirigeante du Conseil Régional du Sud semble avoir choisi de donner une dimension internationale à sa politique de développement territorial. Sous la conduite de son président, Éric Gervais Ndo, l’institution régionale a engagé plusieurs démarches auprès de partenaires étrangers, avec un objectif affiché : présenter les opportunités du Sud, attirer des investisseurs et rechercher des solutions techniques et financières pour accompagner les projets de développement.

Cette offensive s’est notamment matérialisée à Londres, Dubaï et Istanbul, trois étapes qui ont permis à la région de nouer des contacts et, dans certains cas, de formaliser des partenariats. La première étape importante a été enregistrée à Londres, en marge du Commonwealth Trade and Investment Summit 2026. À cette occasion, le président du Conseil Régional du Sud, accompagné notamment de la première vice-présidente Cathy Meba, a signé un protocole d’accord avec Promethean, entreprise internationale spécialisée dans les technologies éducatives. L’accord porte notamment sur la construction de quatre salles de classes intelligentes et l’équipement de 100 collèges et lycées de la région du Sud en solutions numériques. Une convention qui place la transformation digitale de l’éducation parmi les axes de coopération internationale de la collectivité. Au-delà des équipements, l’ambition affichée est de renforcer les conditions d’apprentissage, de favoriser l’utilisation des outils numériques dans les établissements scolaires et de contribuer au développement du capital humain régional.

La délégation a également mis le cap sur les Émirats arabes unis, où une délégation du Conseil Régional du Sud conduite par Éric Gervais Ndo a participé, du 7 au 9 septembre 2026, à l’Annual Investment Meeting (AIM Congress) à Dubaï. Cette étape n’avait pas seulement une vocation institutionnelle. La délégation y a présenté le potentiel économique et les projets structurants de la région à des investisseurs internationaux. Les domaines explorés couvrent notamment l’énergie, les infrastructures, l’agriculture, la santé, l’éducation, le numérique, le tourisme et la transformation locale des matières premières. Le positionnement est stratégique. Avec le port en eau profonde de Kribi, sa façade maritime, ses ressources minières, agricoles et forestières, ainsi que son potentiel touristique, le Sud dispose de plusieurs atouts susceptibles d’intéresser les investisseurs. À Dubaï, l’exécutif régional a donc cherché à franchir une étape supplémentaire : passer de la promotion du territoire à la recherche de capitaux, de technologies et d’expertises capables de transformer les potentialités en projets bancables.

Après Dubaï, la délégation régionale a poursuivi sa prospection en Türkiye, notamment à Istanbul, dans le cadre de l’Africa Business Forum & Expo (AFEX 2026). Il s’est agi de mettre sur la table un portefeuille de projets destinés à intéresser les opérateurs économiques turcs. Parmi les opportunités présentées figurent notamment l’aéroport cargo de Kribi, la Marina-hôtel de Kribi, des projets énergétiques, des programmes de logements, l’aquaculture, les infrastructures routières et le projet ferroviaire de Nkout. L’un des temps forts a été la conclusion d’un protocole d’accord avec ASRIAD, organisation regroupant des entrepreneurs et hommes d’affaires turcs. L’accord vise à renforcer les relations économiques et commerciales, favoriser les contacts entre entrepreneurs et créer des espaces de coopération entre les acteurs camerounais et turcs. ASRIAD s’est notamment engagée à promouvoir les opportunités présentées par la région auprès de son réseau d’entrepreneurs. La mission turque a également ouvert des discussions avec SUMMA, groupe international spécialisé dans les grands projets d’infrastructures. Les échanges ont notamment porté sur plusieurs projets structurants du Sud, dans les domaines des infrastructures, de l’énergie, de la connectivité, du logement et du tourisme.

De Londres à Istanbul, la démarche du Conseil Régional du Sud présente ainsi plusieurs dimensions complémentaires. Londres a permis de cibler l’éducation et la transformation numérique ; Dubaï a servi de plateforme de promotion et de recherche d’investisseurs ; Istanbul a ouvert davantage la voie aux partenariats économiques et industriels. Cette stratégie intervient alors que le Conseil Régional dispose, pour 2026, d’un budget de plus de 12 milliards de FCFA, dont 60,50 % consacrés aux investissements. Parmi les priorités figurent justement les infrastructures, l’eau et l’énergie, les partenariats et investissements structurants, le tourisme, l’aménagement du territoire, l’agriculture et le développement local.

Pour Éric Gervais Ndo, l’enjeu est désormais de transformer les contacts et les mémorandums en réalisations. Dans une récente interview, le président du Conseil Régional du Sud reconnaissait d’ailleurs que la signature de mémorandums constituait une étape, et que le véritable défi restait de transformer l’intérêt des partenaires en projets réalisés, avec des investissements, des technologies et des expertises.

Cette succession de missions internationales dessine donc une nouvelle approche de la coopération décentralisée dans le Sud : ne plus seulement attendre les investissements, mais aller les rechercher auprès des partenaires et présenter directement les opportunités du territoire. La prochaine étape sera déterminante. Les discussions devront progressivement déboucher sur des études, des montages financiers, des conventions d’exécution et, surtout, des réalisations visibles dans les différents départements. De Londres à Dubaï, jusqu’à Istanbul, le Conseil Régional du Sud a désormais ouvert plusieurs portes. Le défi consiste à les franchir durablement et à faire des accords signés les premiers jalons de projets concrets au bénéfice des populations.

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